1/ J'attends avec impatience mon futur appareil photo numérique.
2/ Ma 5ème année a commencé, avec un stage en Pédiatrie (aux urgences), et des cours tous les matins. Je deviens "pédiatrique"...
3/ J'ai repris la peinture. Ahah. C'est à dire que j'ai acheté des gouaches de basse qualité et que je me borne à faire ce que je faisais quand j'étais petite. De merveilleux abstraits.
4/ J'ai repris le karaté. (Aïe).
5/ Je n'ai pas été au cinéma depuis trop longtemps.
6/ Je n'ai pas encore posté de billet sur la musique, inadmissible.
Par Sevi
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Mercredi 27 septembre 2006
Journée d'août.
L'assistante sociale et l'infirmière psychiatrique cherchent quelqu'un parlant l'allemand. Voyant que personne ne répond (tout le monde parle soit anglais, soit espagnol), je me lève, bien que mon allemand soit loin derrière moi. Elles m'expliquent en chemin que c'est une jeune femme qui est déjà venue la semaine d'avant, et elles cherchent évidemment à comprendre ce qui lui arrive.
J'arrive devant cette jeune femme, dans un fauteuil roulant, avec deux petites couettes, des lunettes, un cahier de coloriage à la main, une couverture sur les genoux, un sac à dos derrière le fauteuil. Je me présente, je commence à lui parler allemand, avec les mots qui me restent. Je ne comprends pas un mot de ce qu'elle dit. Son langage est comme bloqué, les lettres et les syllabes sautent, il faut reconstituer les mots avec les bribes que je perçois. Je comprends qu'elle est suisse, et qu'elle est arrivée un peu par hasard dans cette ville. Elle répète plusieurs fois "tot, tot", ce qui m'interpelle, et je commence déjà à réfléchir à ce qu'elle pourrait être, à ce qu'elle dit, est-ce vrai, ou pas? Quelles sont donc ces Morts dont elle parle?
Je comprends peu à peu qu'elle a fait un voyage de Suisse à P. Qu'à P. son amie est morte. Et que ses parents en Suisse sont morts. Tout cela est bien confus, et le plus difficile est de comprendre comment et pourquoi elle a atterri ici. Désorientation? Pathologie psychiatrique?
Elle m'explique qu'elle a eu un accident, ce qui lui a ôté la capacité de marcher. Accident de voiture? Accident vasculaire? Je n'arrive pas à comprendre. Je penche de plus en plus pour une aphasie, vu qu'elle me comprend parfaitement, mais que ses mots sont inarticulés, et même son écriture est incompréhensible. Ou léger retard mental, ausi de part son attitude enfantine. Elle a une trentaine d'année. Ah, et nous savons qu'elle a fait une crise d'épilepsie.
Nous ne savons pas non plus ce qu'elle demande, en venant aux urgences aujourd'hui...
Finalement il est décidé d'appeler le psychiatre d'astreinte, puisqu'à la fin de la discussion, elle me réclame un psychiatre... Heureusement, ce psychiatre parle couramment l'allemand. Il ne conclue à aucune pathologie psychiatrique. (Mais en même temps, en si peu de temps d'entretien...).
Je reparle avec elle, elle refuse d'aller dans un foyer, elle veut "dormir dans un parc"... Elle refuse également que nous l'aidions à rentrer en Suisse. Nous ne pouvons faire plus pour elle. J'ai du mal à la laisser partir. Je lui demande si elle a de l'argent. Elle me montre son porte-monnaie... quelques centimes... Elle hausse les épaules en souriant.
L'infirmière psychiatrique est toujours à côté de moi. Je n'ose lui dire que je peux lui donner de l'argent pour tenir quelques jours, qu'elle peut m'attendre dehors. Je ne suis pas censée faire ça. Je le regrette encore ...
Elle va partir, et se serre contre mon bras quelques secondes en me remerciant. Certains soignants nous regardent bizarrement. Comme si c'était anormal.
Par Sevi
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Mercredi 27 septembre 2006
Nuit d'août.
Le tailleur de pierre.
E. arrive vers trois heures du matin, avec de nombreuses plaies à la main, ainsi qu'au visage. La première chose à faire, l'esprit endormi, le corps fatigué, est de nettoyer... C'est ce que je fais, doucement, avec de l'eau, pendant de longues minutes.
Peu à peu, je sais que nous commençons à ressentir quelque chose, je n'arrive pas à réfléchir, à comprendre. A cause de ces gestes de lavement que j'effectue. Il ferme les yeux, je lui lave le visage. Il sourit presque.
Ces gestes, comme éternels dans l'humanité, un être qui nettoie les blessures d'un autre. Ces gestes nous rapprochent. Et c'est précisement à ce moment qu'il me dit "c'est normal que je ne sois pas à l'aise avec vous? ". Je ressens la même chose. Mais je ne dois rien dire, je dois rester distante, je dois rester la petite externe que je suis. Je continue comme si de rien n'était.
C'est un patient. Il est tailleur de pierre et originaire de Turquie. Il a de jolis yeux verts marrons.
Je le lave comme un enfant perdu. Il regrette ce qu'il lui est arrivé, et ses conséquences, il ne pourra pas utiliser ses mains pendant quelques semaines.
J'aime ce qui nous arrive, un moment de rencontre entre deux êtres humains, à travers le soin. C'est la première fois que cela m'arrive. Une véritable rencontre humaine.
Je commence à le recoudre. Il me dit plusieurs fois "Je suis entre tes mains".
Il m'a vite tutoyé, moi de même, comme si nous étions de vieilles connaissances. Je mets deux longues heures à le recoudre. "Cela me fait bizarre de voir une partie de mon anatomie".
A la fin, émue de quitter cette rencontre, je lui tends la main, et nous faisons un petit rituel de tapes de poings, comme si nous l'avions toujours fait.
Par Sevi
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Dimanche 24 septembre 2006
Mes chers Messieurs Dames
Je voudrais vous soumettre un léger problème auquel je dois faire face. Présentement, je dois convaincre quelqu'un de s'inscrire à une auto-école. Evidemment dans le but final d'avoir son permis et donc de pouvoir vadrouiller sur les routes mondiales.
Ce quelqu'un n'est pas n'importe qui, je vous rassure, c'est bien-sûr, mon amoureux, que je nommerai "Sweetheart".
Sweetheart n'a absolument aucune envie de passer son permis, et ne voit pas a priori l'intérêt. Certes ces arguments sont tout à fait recevables (la voiture ça pollue, la voiture c'est tout pourri, la voiture c'est pas indispensable, la voiture y'a le train, la voiture y'a le tramway, la voiture la moto c'est bien, la voiture...). Mais cependant, il serait plaisant, et certainement utile (cet homme se destine également à exercer la médecine, il me semble que ce serait parfois pratique pour aller rendre visite aux patients habitants dans des coins paumés sans bus moi je dis ça je dis rien...) que Sweetheart ait son permis. De plus, l'avantage d'être deux et non pas une ( moi ) à conduire au cours de longs voyages sur les routes d'Europe me semble considérable. (j'ai toujours rêvé d'un road trip).
Après me direz vous, Sweetheart est courageux de résister à la pression sociale d'avoir son permis, blabla.
Des arguments supplémentaires pour le convaincre ?
Par Sevi
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Vendredi 22 septembre 2006
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Par Sevi
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